mercredi 24 février 2016

Giengen 1942 - Les carences médicales - Medical deficiencies


Pendant que mon père se morfondait comme tous ses camarades dans ce camp de prisonniers de Giengen, ma mère l'attendait patiemment tout en venant en aide aux prisonniers rapatriés qui faisaient une halte à Compiègne avant de repartir sur Paris. Elle travaillait bénévolement au "centre de réception des prisonniers de guerre" dans la caserne du Cours Guynemer à Compiègne. Durant plus de deux ans elle reçut, parla, réconforta des prisonniers avec toujours le secret espoir de voir revenir son mari. Dès qu'un de ses camarades de captivité était rapatrié sur la France en direction de Paris, mon père lui donnait un message voire des objets à remettre à ma mère. A cette époque les seuls personnes rapatriées étaient des D.U., prisonniers malades ou blessés que les Allemands renvoyaient chez eux, probablement non par humanisme, mais plutôt parce que les soins à Giengen étaient plus que précaires. Mon père faillit laisser sa peau à cause des oreillons qu'il contracta et qui furent soignés par un médecin qui n'avait aucun médicament pour traiter cette maladie.


While my father mourned like all his comrades in this prison camp in Giengen, my mother waited patiently for him while helping the repatriated prisoners who were stopping in Compiègne before leaving for Paris. She worked as a volunteer at the "Prisoners of War Reception Centre" in the barracks of Cours Guynemer. For more than two years she received, spoke and comforted prisoners with the secret hope of seeing her husband return. As soon as one of his captive comrades was repatriated to France for Paris, my father would give him a message or even items to give to my mother. At that time the only people repatriated were D.U., sick or wounded prisoners whom the Germans sent home, probably not out of humanism, but rather because the care in Giengen was more than precarious. My father almost died because of the mumps he contracted, which were treated by a doctor who had no medication to treat the disease.
 



Centre de réception des prisonniers Compiègne

Arrivée des prisonniers libérés gare de Compiègne

vendredi 18 décembre 2015

Giengen 1942 - Une douceur de vivre relative - A relative sweetness of living

La vie paraissait plus douce à Giengen pour les prisonniers qui venaient de la culture et qui travaillaient dans les différentes entreprises de la ville, ne serait-ce que pour les repas pris au restaurant au son de la musique provenant d'une TSF qui un jour tomba en panne et que mon père répara comme il le put avec les moyens du bord. Cela lui valut des gratifications en nourriture et bière, de plus, de temps à autre le dimanche matin un prêtre français donnait une messe, ce qui permettait aux prisonniers de trouver un peu de réconfort en priant avec leurs camarades. Au-delà de l'appartenance à cette communauté de prisonniers français, cela leur permettait d'oublier un peu la torture de la séparation d'avec leurs familles, et pour certains d'oublier que leur femme ne les attendait déjà plus. Combien furent-ils à cumuler les détresses derrière les barbelés, et ces quelques minutes de "ferveur" religieuse ne pouvait que les apaiser un peu, même si l'illusion ne durait pas.


Life seemed sweeter in Giengen for the prisoners who came from the culture and who worked in the different companies of the city, if only for the meals taken in the restaurant to the sound of music from a radio set which one day broke down and which my father repaired as he could with the means on board. This earned him gratifications in food and beer, in addition, from time to time on Sunday mornings a French priest gave a mass, which allowed the prisoners to find a little comfort in praying with their comrades. Beyond belonging to this community of French prisoners, this allowed them to forget a little about the torture of separating from their families, and for some to forget that their wives were already no longer waiting for them. How many were there to accumulate the distress behind the barbed wire, and these few minutes of religious "fervour" could only appease them a little, even if the illusion did not last.
 

Messe du dimanche Stalag VA Giengen
Messe du dimanche à Giengen