samedi 19 mars 2016

Le Courrier des Prisonniers - POW's mail



Il y avait deux types de lettres, la carte simple, du format d’une carte postale comprenait une face avec 7 lignes seulement et la lettre normale sur papier libre. Chaque prisonnier n’avait droit qu’à deux cartes simples et deux lettres par mois, et pas trop longue disaient les autorités Allemandes, et à partir de janvier 1941 les cartes et les lettres comportèrent une partie pour la réponse, limitant ainsi le courrier en retour. Mon père commença sous ce régime puis en qualité de sous-officier, il eut le droit à plus de courrier que les simples soldats, mais parfois la fréquence des lettres était modifiée. Durant une période il eut le droit d’envoyer deux lettres par semaine, ou une lettre et une carte simple, puis le régime changea sans qu’il sache pourquoi et il devait alterner soit une lettre soit deux cartes par semaine. De temps à autre aussi il y avait des interdictions d'écrire, ce qu'il explique à ma mère mais sans donner de raisons particulières. Mon père avait l’habitude de numéroter ses lettres et il demandait à ma mère de faire de même afin d’être certain que tout le courrier arrivait. Il y eut une période où il lui fut interdit de faire cela, puis il eut à nouveau le droit sans qu’il ait non plus d’explications. Parfois les lettres venant de France mettaient plusieurs semaines, certaines arrivant avant de plus anciennes, mais quand tout allait bien le courrier ne mettait qu’une dizaine de jours, ce que les prisonniers appréciaient par-dessus tout, c’était pour eux des nouvelles fraîches. Il y eu aussi des interruptions de courriers parfois pendant plus de deux semaines. Bien sûr les lettres étaient attendues avec impatience mais parfois des prisonniers recevaient de sombres nouvelles, le couple se désagrégeant, ou un proche ayant perdu la vie. Dans certaines de ses lettres mon père évoque ces camarades dont la femme n’avait su attendre et qui en plus de leur martyre carcéral, cumulait aussi le supplice de savoir n’être plus aimé, n'être plus attendu. Heureusement la plupart du temps les nouvelles n’étaient pas si alarmantes, pour mon père l’appréhension provenait de sa femme, de sa famille, surtout après qu’il ait entendu parler d’un raid aérien sur la région parisienne, ajoutées aux sources d’inquiétude venant de son propre père dont la santé était précaire, santé qui s’était dégradé durant la première guerre et l’avait grandement fragilisé, mais sa mère le rassurait, même si c’étaient des demis-vérités ou de tendres omissions. Les lettres ne pouvaient pas tout dire, hormis la censure, le besoin de ne pas inquiéter outre mesure était de mise des deux côtés, donc parfois le prisonnier écrivait aussi des demi-vérités ou se taisait tout simplement.


There were two types of letters, the simple postcard-sized card had a face with only 7 lines and the normal letter on plain paper. Each prisoner was allowed only two simple cards and two letters per month, and not too long, the German authorities said, and from January 1941 onwards the cards and letters included a part for the reply, thus limiting the amount of return mail. My father started under this regime and as a non-commissioned officer, he was entitled to more mail than ordinary soldiers, but sometimes the frequency of letters was changed. For a period of time he was allowed to send two letters a week, or a letter and a simple card, then the diet changed without him knowing why and he had to alternate either a letter or two cards a week. From time to time there were also prohibitions to write, which he explains to my mother but without giving any particular reasons. My father used to number his letters and he would ask my mother to do the same to make sure that all the mail would arrive. There was a period when he was forbidden to do this, then he was allowed to do it again without any explanation either. Sometimes letters from France took several weeks, some arriving before older ones, but when all was well the mail took only about ten days, which the prisoners appreciated above all, was fresh news for them. There were also mail interruptions sometimes for more than two weeks. Of course the letters were eagerly awaited, but sometimes prisoners received dark news, the couple disintegrating, or a loved one who had lost their lives. In some of his letters my father mentions those comrades from whom the woman had not known how to wait and who, in addition to their prison martyrdom, also suffered the ordeal of no longer being loved, no longer being expected. Fortunately most of the time the news was not so alarming, for my father the apprehension came from his wife, from his family, especially after he heard about an air raid on the Paris region, added to the sources of concern from his own father whose health was precarious, a health that had deteriorated during the First World War and had greatly weakened him, but his mother reassured him, even if they were half-truths or tender omissions. The letters could not say everything, except for censorship, the need not to worry too much was present on both sides, so sometimes the prisoner also wrote half-truths or simply kept quiet.
 



carte simple Georges Duséhu stalag VA Bissingen 1940
Carte simple n° 7 de Georges Duséhu Bissingen Stalag VA à Nany Duséhu

carte simple Georges Duséhu stalag VA Bissingen 1940

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